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34-Il faut une présidence collégiale en France

Nous sommes en 2013, et dans la plupart des pays, il y a eu, depuis des dizaines d’années, tellement d’échanges avec le monde extérieur que différentes cultures de pensée qui n’existaient pas auparavant sont apparues et se développent au sein des pays qui se pensent démocratiques.

La démocratie émane du peuple apprennent les enfants à l’école. Suffit-il d’avoir le droit de vote ou d’élire des députés pour que cet état de fait soit encore garanti? Une petite observation s’impose et révèle qu’il n’en est rien!

Ont voix au chapitre, ceux qui pratiquent la loi du plus fort et sont donc toujours gagnants, sauf quand ils se trouvent en face de plus forts qu’eux, ce qui devrait être rarement le cas. Et de nos jours, les gagnants sont les multinationales, les grands groupes et les banques. Elles accaparent tout et sur une planète encore soumise à la dualité, les ressources augmentent d’un côté et disparaissent de l’autre. Ce système n’est pas juste, il va à l’encontre de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Spirale Dynamique avec lettresNos présidents successifs ne savent plus gérer la France, du moins pas correctement. Ils n’ont pas encore les capacités intellectuelles pour comprendre que la croissance est une absurdité dans un monde fini et ne respectent pas non plus tout le monde comme ils voudraient être respectés eux-mêmes. Ils ont un comportement BLEU, ORANGE et rarement VERT et parfois même carrément ROUGE. Ce sont des couleurs de la Spirale Dynamique, un concept de Prof. Clare GRAVES pour comprendre l’évolution de la pensée individuelle et collective. Ce sont des niveaux d’existence qui font partie du premier plateau de valmèmes, en quelque sorte une unité de mesure de la progression sur la Spirale Dynamique qui comporte à l’heure actuelle 8 couleurs ou 8 valmèmes qui vont du plus simple au plus complexe, ceci au niveau de la pensée, mais évidemment aussi des systèmes qui en résultent.

La pensée d’une présidence collégiale est une pensée émanant du deuxième groupe de valmèmes qui débute avec JAUNE puis TURQUOISE dont on note les premiers bourgeons et qui est le valmème le plus évolué. Il n’est pas nécessairement meilleur que les autres, il faut que chaque valvème soit équilibré et que la Spirale des personnes s’y trouvant le soit également, mais les valmèmes du second groupe de niveaux ont l’avantage de voir la totalité de la Spirale et de penser aux conséquences pour la planète des actes qu’elles posent.

Sur le premier plateau, de BEIGE à VERT, l’ego est fortement développé et prépondérant. Cela se note aisément aux duels télévisés lors des campagnes ou lors des solos dans les partis. Au second niveau, l’ego est encore présent, mais il joue un rôle secondaire. On le réactive par exemple lorsqu’il faut fuir face à un danger. Mais en règle générale, l’esprit est dominé par le bien commun et le bien supérieur.

Plus on avance sur la Spirale, plus on englobe de valmèmes que l’on a traversés, et où l’on a séjourné parfois pendant des années. Au premier niveau, les valmèmes se font la concurrence, puisque chacun pense détenir la vérité. Au second niveau, on laisse à chacun sa vérité et on essaye de faire harmoniser le tout. Il faudrait donc qu’un président unique englobe toutes les couleurs et les servent dans sa politique, ce qu’aucun ne sait faire puisqu’ils ont presque tous une forte dose de BLEU et d’ORANGE, alors qu’un président devrait être positionné en JAUNE et TURQUOISE. Il en ressort donc, afin que cessent ces dégradations sociales, ces guéguerres civiles continues, que la France ait une présidence collégiale avec au moins trois, mieux encore cinq présidents défendant les couleurs ROUGE, BLEU, ORANGE, VERT et JAUNE parce que ce n’est que cette dernière personne qui a les capacités de comprendre toutes les autres puisqu’elle a déjà traversé tous les valmèmes et que ce n’est qu’avec elle que les droits de tous sont respectés. Il n’existe aucun pays piloté en JAUNE, mais si vous souhaitez connaître une telle société, allez visiter celle de Ricardo Semler au Brésil.

Mais comme nos systèmes politiques et nos gouvernements sont contrôlés par des personnes en BLEU et ORANGE qui ne comprennent pas les personnes en VERT et JAUNE alors que ces dernières les comprennent parfaitement et voient comment elles vont droit dans le mur, la présidence collégiale en France et ailleurs restera une utopie, mais c’est la meilleure solution.

Sonia J. Fath

08-Ricardo Semler, un entrepreneur Jaune exemplaire

J’ai du mal à débuter mon article, tellement cet homme est surprenant. Et dire que cela a mis 25 ans d’ici que l’information sur sa méthode de travail arrive du lointain Brésil jusque chez moi. Ricardo est un dirigeant comme je n’en connais pas d’autre!

Ricardo SemlerC’est par le détour d’un site en allemand, puis de celui des conférences du MIT aux USA que j’ai découvert ce Brésilien d’environ 50 ans qui a fait d’une entreprise familiale moribonde une société multinationale qui fonctionne tellement différemment de ce que l’on connaît et que les gestionnaires d’entreprise habituels n’arrivent pas à le croire.

Les 3000 salariés de l’entreprise SEMCO au Brésil élisent leurs dirigeants, définissent eux-mêmes leur temps de travail et leur salaire. Il n’y a pas de plan d’affaires ni de département des ressources humaines, pratiquement aucune hiérarchie. Tous les bénéfices sont répartis par vote. Les salaires ainsi que tous les livres de compte de l’entreprise sont visibles par tous. Par contre, les courriels sont une affaire privée et ce que les collaborateurs dépensent en voyages d’affaires ou pour leur ordinateur est de leur ressort.

C’est typiquement le fonctionnement d’une entreprise selon des valeurs du valmème Jaune: le monde est un ensemble complexe de systèmes dont il est nécessaire d’assurer la viabilité. Les gens travaillent mieux quand ils prennent des initiatives et assument des responsabilités. Depuis que l’entreprise brésilienne a été reprise par Semco productRicardo Semler et totalement restructurée, les bénéfices sont passés de 35 millions à 220 millions de dollars. Et les remplacements de personnels sont inférieurs à 1%.

Ricardo Semler défend l’idée que si l’on traite ses collaborateurs comme des adultes, ils se comportent comme des adultes. Plus ils ont de libertés, plus ils seront productifs, satisfaits et novateurs. Une entreprise est composée d’humains adultes et ayant les mêmes droits, pas de forces de travail. Chacun a le droit de s’épanouir librement et de trouver un équilibre entre son métier et sa vie de famille. Semler entend développer un autre type d’entreprise et de travail. Tout comme moi, il voit l’entreprise comme un projet communautaire, c’est ce que j’avais essayé de lancer avec AKORDI coop. Les Alsaciens ont réussi à détruire la coopérative de commerce équitable, car toujours à l’affût du moins cher. J’étais passionnée par l’idée, mais les autres ne l’étaient pas. J’avais fixé des objectifs à atteindre pour couvrir les frais et peu importe, ce qu’ils auraient fait mes chers collaborateurs, ils devaient l’assumer. Pour moi aussi, c’était le résultat qui comptait, mais quand on a été habitué/e pendant toute sa vie à avoir un père, un mari, un chef qui commande, SEMCO-Headquarterson ne peut pas prendre d’initiative. Semco considère les salariés non pas comme une roulette du système, mais comme l’essentiel de l’entreprise, les constructeurs d’une cathédrale. Ils connaissent leur métier et sa valeur.

Les contrôles de tous types imposés dans les sociétés conduisent à des blocages de la part du personnel, à des tentatives de les contourner, ce qui induit toujours plus de répression: un cercle vicieux. Le but, ce n’est pas d’avoir des salariés qui font un certain nombre d’heures, mais d’avoir des collaborateurs qui obtiennent un certain résultat: confiance au lieu de contrôle. Pour un chef classique, c’est une chose inimaginable.

Mais comme d’habitude, cela ne s’est pas fait tout seul. Semler s’est retrouvé à l’hôpital suite à un collapsus total après un épuisement total. Le produit d’un monde du travail inhumain. Il décida de ne plus jamais soumettre sa santé mentale et corporelle au travail et de ne pas non plus l’exiger de ses collaborateurs. Les entreprises, tout comme les sociétés du reste, ne sont pas construites comme des lieux de création, mais comme l’armée, un lieu de soumission, avec des hiérarchies, des donneurs et des receveurs d’ordre. Semco ne connaît pas de titres de postes, pas de bureaux définitifs. On peut travailler à la maison ou à la place centrale du village, ce qui compte, c’est le résultat qui sera le résultat de l’équipe. Celui qui a besoin d’une sieste, s’allonge pendant quelque temps dans le hamac du jardin d’entreprise, car quand on est fatigué, on fait des erreurs.

Qui emploie les salariés?

Sans département du personnel, c’est évidemment la question à poser. La réponse est simple: lorsque les membres d’une équipe ont besoin d’une personne supplémentaire pour leur travail, elles mettent une annonce de réunion dans l’Intranet. Tous peuvent venir, mais personne n’est obligé. “Nous ne voulons pas que quelqu’un soit intégré à quelque chose qui ne l’intéresse pas.” On peut donc venir à la réunion et si on commence à s’y ennuyer, on peut repartir. Chez Semco, seuls doivent prendre des décisions et en assumer les responsabilités ceux que ça intéresse et qui sont directement touchés par la question. Une fois défini ce que le nouveau collaborateur doit savoir faire et l’annonce parue, les candidatures arrivent. Chacun en prend un paquet à la maison et rapporte les CV les plus intéressants. Au lieu des habituels entretiens d’embauche, il y a une réunion avec tous les intéressés et tous les candidats. Celui qui convient le mieux est retenu. Chez Semco, les seuls postes soumis à évaluation sont ceux à des postes de décision et ils le sont par tous les autres postes. Si une personne a une mauvaise note de façon répétée, elle quitte en général d’elle-même.

La pression du groupe

Tous ceux qui ont fait partie de groupes savent comment la pression peut être importante pour faire ou ne pas faire quelque chose. Chez Semco, lorsque quelqu’un ne fait pas bien son travail, c’est discuté en

Chipping onto the green

groupe, ce qui augmente la pression sur celui qui doit s’adapter. Celui qui se verse un salaire élevé augmente la pression face à ses performances. Mais les collaborateurs peuvent accepter sans problème qu’un collègue passe des jours à jouer au golf et qu’il gagne beaucoup d’argent si son travail est fait dans le temps imparti.

Une étude réalisée par CNN a révélé que les collaborateurs de Semco passent bien plus de temps à s’occuper de relations, d’enfants et de loisirs et qu’ils ont donc un meilleur équilibre entre vie privée et vie de travail et qu’en même temps les performances de travail et les résultats sont remarquables. Non pas malgré toutes ces libertés, mais en raison de toutes ces libertés. Semler est convaincu que les êtres humains doivent pouvoir s’épanouir afin d’apporter le meilleur de leur potentiel. Notre monde du travail avec son stress, son harcèlement moral, ses ulcères d’estomac, épuisement total, dépressions, suicides est de la pure folie. Il est temps de créer un monde où le métier est à nouveau associé au talent et à la passion et non pas à l’esclavage et à l’exploitation.