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43-Surdouance et Spirale Dynamique

Je suis en train de lire un livre fort intéressant qui porte le titre “Trop intelligent pour être heureux” de Jeanne Siaud-Facchin et j’y retrouve beaucoup de similitudes entre les problèmes des surdoués qui y sont décrits et ceux de la Spirale Dynamique qui se trouvent dans le piège Gamma et au niveau du Second Plateau.

FB-14-CerveauPour se penser, s’imaginer, se comprendre surdoué ou à haut potentiel (HP) ou zapar (être à part, terme que je préfère à zèbre) à l’âge adulte, il faut en avoir saisi toutes les dimensions, toutes les nuances. Il faut avoir compris qu’il s’agit moins d’un haut niveau intellectuel que d’une intelligence aux composantes singulières qui modifie la façon de percevoir, comprendre et analyser le monde. Il faut avoir intégré que la dimension affective est une composante essentielle de la personnalité du surdoué. Être surdoué est peut-être finalement, d’abord penser avec son cœur, bien avant de penser avec sa tête.

Être surdoué, c’est une personnalité toujours marquée par ce double sceau: une intelligence puissante au fonctionnement qualitativement différent, une sensibilité intense qui imprègne chaque moment de vie.

Petit résumé à l’usage de ceux qui veulent comprendre d’un seul coup d’œil.

Être surdoué, ce n’est pas forcément être plus intelligent que les autres, mais fonctionner avec une intelligence différente.

Quand on est surdoué:

  • l’hypersensibilité,
  • l’ingérence émotionnelle constante,
  • la réceptivité sensorielle exacerbée,
  • l’empathie qui capte toutes les émotions des autres,
  • les capacités sur-développées des cinq sens,

sont des composantes indissociables de la personnalité.

FB-Trop intelligentL’intelligence du surdoué est riche et puissante, mais s’appuie sur des bases cognitives différentes:

  • une activation cérébrale d’une haute intensité,
  • un nombre de connexions de neurones significativement plus élevé, des réseaux de neurones qui se déploient dans toutes les aires du cerveau,
  • un traitement des informations en arborescence avec une ramification rapide d’associations d’idées qui ont du mal à se structurer,
  • un déficit de l’inhibition latente qui oblige le système cérébral à intégrer toutes les informations en provenance de l’environnement sans tri préalable: les surdoués en ont plein la tête,
  • une impossibilité d’accéder aux stratégies utilisées lors de la résolution d’un problème car les connexions se font à grande vitesse et en deçà du seuil de la conscience,
  • une intelligence intuitive et en images qui se débrouille mal du langage, des mots et de la structure verbale.

Les caractéristiques cognitives et affectives du surdoué sont validées par les connaissances scientifiques actuelles et en particulier par les neurosciences. Il ne s’agit ni de croyance, ni de mythe, ni de fantasme mais d’une réalité objectivable.

Tiré du livre “Trop intelligent pour être heureux” de Jeanne Siaud-Facchin

42-Obstacles à l’évolution

Les obstacles sur le chemin de l’évolution

Dans son article “Emerge or Submerge”, Stephan nous a montré que l’on ne peut évoluer qu’avec une pensée ouverte. Mais cela ne suffit pas, car au sein de la pensée ouverte, il faut remplir certaines conditions pour avancer.

Les 6 conditions du changement

Un changement vertical, selon le professeur Graves répond à six conditions pour que l’on puisse conclure qu’il s’est effectué en bonne et due forme entre un valmème et le suivant: potentiel cérébral, solutions, dissonance, “vue-dedans” (insight ou Einsicht), obstacles, assistance. Il faut donc que les six conditions soient remplies, si une seule manque, le changement n’aura pas lieu ou ne durera pas.

Potentiel cérébral

Quand on dit à quelqu’un qu’il n’a pas le potentiel cérébral pour comprendre ce que l’on dit, il peut réagir avec violence parce qu’il associe cela à “être bête”. Ce n’est pas cela du tout. L’enfant qui naît a déjà une certaine intelligence qui lui permet d’apprendre tout ce dont il a besoin pour vivre dans les sociétés d’aujourd’hui même si elle évolue en fonction de la plasticité du cerveau. Le cerveau est un organe modifiable, cela ressort d’études scientifiques. Les capacités cérébrales font appel à l’ouverture d’esprit, à la réflexion et au travail sur soi. Des événements particuliers, des traits de caractère ou des pressions sociales peuvent aboutir à une attitude arrêtée ou coincée, les capacités cérébrales se trouvent alors bloquées. “Le modèle de la Spirale Dynamique présente chaque valmème comme le résultat de l’interaction entre des conditions de vie et des capacités cérébrales. Lors du passage au niveau d’existence suivant, les capacités cérébrales correspondantes sont activées… si toutefois la personne les possède.”

Vu que le potentiel cérébral est lié à chaque valmème, les réactions sont différentes en fonction des valmèmes: “Préoccupé uniquement de la satisfaction de ses besoins physiologiques, BEIGE ne se pose bien évidemment pas la question. POURPRE considère que certains individus ont des pouvoirs particuliers, les chamans par exemple, et peut donc accepter le concept s’il réussit à lui donner sens. ROUGE sait bien que les gens sont différents, et qu’il y a notamment les forts et les faibles, mais il risque de réagir assez vivement si vous sous-entendez que c’est lui qui n’a pas le potentiel cérébral! Pour BLEU, la Vérité Ultime a mis chacun a sa place, alors s’il y en a qui n’ont pas le potentiel cérébral, ils n’ont qu’à l’accepter et ils en seront récompensés plus tard. Un peu comme ROUGE, ORANGE classe les individus en deux groupes. Chez lui, ce sont les gagnants et les perdants; mais chacun doit avoir sa chance de faire partie des gagnants, et il n’aime pas l’idée que quelque chose l’en empêche. Le plus horrifié est indubitablement VERT, et si l’idée est prouvée, il se battra pour qu’elle soit exprimée de manière plus politiquement correcte et que ceux n’ayant pas le potentiel cérébral n’aient pas à en souffrir. Quant à JAUNE, l’exactitude du concept lui semble une hypothèse fort probable et à utiliser en restant attentif à sa confirmation ou à son infirmation théoriquement et/ou par les faits.”

Solutions

Dans ma vie, j’ai depuis longtemps l’impression de marcher souvent sur des sentiers dont je n’ai aucune idée où ils vont m’emmener, mais en même temps, cela me grise de faire les découvertes que je fais. Les changements verticaux que j’ai effectués m’ont fait passer d’un système de valeurs connu pour me lancer dans un système inconnu. Il est évident que cela nécessite de l’énergie et du courage, ce qui ne me manque pas. La solution consiste donc, notamment pour un individu comme moi, mais aussi pour une organisation ou une société, à avoir réglé ses problèmes avant de passer au valmème suivant. Personnellement, le travail que je fais, je ne pourrai le faire si je n’avais pas le soutien de certaines personnes. Pour trouver les solutions, il faut regarder quelles sont les conditions de vie autour de soi ou pour soi et fixer des priorités. “Par exemple, le capitaine d’un navire en train de traverser une zone riche en icebergs exige de son équipage une obéissance de type BLEU et serait à juste titre réticent devant toute tentative de discuter en ORANGE des moyens d’obtenir que les passagers dépensent plus d’argent à bord ou bien d’envisager en VERT que le cap soit fixé de manière consensuelle par tout l’équipage!”

Dissonance

La dissonance se fait sentir lorsque le valmème dans lequel on se trouve ne semble plus fonctionner, si tout se passe bien dans le valmème dans lequel on est, il n’y a aucun besoin de changer. Ce sont donc les changements au niveau des conditions de vie qui provoquent des dissonances. Mais cela peut aussi être induit par l’extérieur, des personnes qui souhaitent provoquer un changement qui leur semble nécessaire.

“Un problème crée la dissonance s’il montre de manière évidente l’inadéquation entre le système de valeurs actuel et les conditions de vie. Par exemple, BEIGE peut avoir des problèmes à trouver de la nourriture dans la rue, ou bien ne sait pas comment s’adapter à un changement de son environnement. POURPRE peut constater que ses rituels ne fonctionnent pas ou que le dépassement d’une taille critique ne permet plus à sa structure tribale d’être opérante. ROUGE peut atteindre un niveau de violence insupportable même pour ceux qui sont au sommet de l’empire. BLEU peut constater que ceux qui ne respectent pas la Vérité Ultime prospèrent. ORANGE peut arriver à un niveau de stress et de frustration insupportables. VERT peut se retrouver paralysé et ruiné par son modèle de décision.”

47-Obstacles à l'évolution“Einsicht” ou Eurêka, j’ai compris

Les Américains ont appelé cette quatrième condition “insight”. Je n’ai pas encore trouvé un bon terme français, mais c’est la condition où l’on a trouvé la réponse à ce que l’on cherche, on a analysé le problème et compris pourquoi le problème est apparu. Après la dissonance vient la compréhension de ce qu’il nous faut pour remplacer ce que l’on ne veut plus. Il n’y a pas “une seule solution, car chaque système de valeurs peut s’incarner de multiples manières, mais quand même en une seule catégorie de valeurs profondes.”

Obstacles

En gardant les yeux ouverts sur la société, on peut bien voir les obstacles au changement. Par exemple ceux qui parlent de réduction de la démographie sont tournés en ridicule par ceux qui sont dans le BLEU/ORANGE en position arrêtée ou coincée. On peut contourner cet obstacle au moins pour soi et n’avoir plus qu’un seul, au maximum deux enfants. Dans ce cas, il s’agirait d’un obstacle extérieur en matière de politique, mais il peut aussi être intérieur pour une personne qui suit des règles comme mentionnées dans la bible du genre “multipliez-vous pour couvrir la terre”. Dans les territoires occupés de Palestine, l’occupant israélien fait 6 enfants par famille pour augmenter rapidement la population juive. Mais revenons aux obstacles personnels extérieurs, dus aux circonstances ou aux autres personnes ou intérieurs dus aux événements de la vie, aux croyances et peurs personnelles. La tentation est grande de se focaliser sur les premiers alors que les seconds sont souvent ceux qui empêchent le plus l’évolution.

Assistance

L’assistance est souvent impérative pour passer d’un valmème à un autre. Quand on découvre qu’on a le potentiel cérébral, la solution, la reconnaissance de la dissonance, la compréhension claire du problème et la levée des obstacles, on ressent une joie profonde, une excitation positive. Personnellement, je ne suis que rarement proie aux doutes ou aux craintes, sans doute parce que j’ai l’habitude des changements et que je suis ouverte aux changements, même si au niveau des relations sociales personnelles, cela devient fatiguant de devoir constamment reconstruire des relations. Je ne me pose donc pas de question pour savoir si le nouveau valmème est vraiment la meilleure solution aux problèmes actuels de mon existence. Je travaille à les résoudre. Je ne me demande pas si le changement est ou était vraiment nécessaire, je fais avec. Je me moque des difficultés non imaginées qui me tombent dessus et que je ne peux éviter, je les affronte presque au quotidien et ai pris l’habitude de les considérer comme des défis qui me rendent plus forte. Je sais aussi depuis longtemps que des oppositions fortes se manifestent face aux humanistes authentiques dans un monde capitaliste, et non des moindres en ce qui me concerne, puisqu’elles vont jusqu’à l’exclusion pure et simple des relations sociales qu’on me refuse. Mais malgré toutes ces difficultés, je ne suis pas prête à abandonner le “second tier” et revenir en arrière vers les systèmes de valeurs anciens. Mon énorme problème, c’est que je me situe au passage entre le valmème JAUNE et TURQUOISE avec une pointe dans le CORAIL. Ce changement n’est possible qu’au niveau individuel, les sociétés occidentales ont une dominante en BLEU/ORANGE et devraient passer en VERT, mais le capitalisme et les égoïsmes de ORANGE sont des obstacles extrêmement puissants. J’ai besoin d’une assistance pendant la phase de changement mais aussi pour rester là où je suis, car seule je n’arrive à presque rien faire.

La solitude de personnes hautement sensibles et parfois hautement intelligentes conduit en France et en Allemagne à des centaines de suicides. Un accompagnement bienveillant dans le cadre d’une maison communautaire avec des chambres d’amis pourrait en réduire le nombre. C’est le projet politique et social AKORDIA pour une vie intégrale.

12-L’ego est une arme meurtrière pour la conscience

Mon égo est pratiquement totalement cerné par ma conscience qui le remet à sa place dès qu’il aurait tendance à demander ce qu’il veut.  En fait, c’est ce que j’aime à croire, mais j’aimerais bien l’expérimenter dans une vie normale, ce qui n’est pas la mienne actuellement. Je ne suis plus dans le Paraître, mais dans l’Être. Je ne suis dans le Paraître que lorsque je dois redescendre les escaliers pour me mettre au niveau de ceux qui sont encore dans le Paraître et composer avec leur égo. Et c’est parce que je me reconnais totalement dans ce qu’a écrit Andrew Cohen - 57 ans en 2013Andrew Cohen dans son magazine “Eveil et Evolution” numéro 1 de 2004 que je le publie ici.

“Tout le monde veut être éveillé mais personne ne veut changer. Au fil des ans, j’ai pu lire cette simple et décourageante vérité dans le regard d’innombrables chercheurs. “Je veux réellement être éveillé”, insistent-ils. Je leur demande alors: “Êtes-VOUS prêt à CHANGER maintenant?” “Comment?”, répondent-ils inévitablement surpris, voire légèrement abasourdis. Et je répète: “Êtes-vous prêt à CHANGER maintenant?” Il s’ensuit toujours un moment d’ambiguïté étrange et surréaliste, de confusion et de recul. “Mais je croyais que vous vouliez vous éveiller…” Au cours d’une vie, il est déjà rare que l’impulsion évolutive – ce mystérieux appel vers une liberté sans limite et vers notre potentiel de transformation radicale – émerge dans une conscience sans être retenue par les désirs et les peurs de l’égo séparé. Mais, lorsqu’elle surgit, il est infiniment plus rare encore que la réponse à son appel soit un oui ferme et sans peur: oui et oui, maintenant et pour toujours.

Le prix d’une transformation radicale reste toujours le même: nous devons abandonner nos sentiments de peur et d’attachement. Et, au travers de ce lâcher prise, découvrir une perspective complètement différente de ce que signifie être vivant. Ce sont pourtant ces deux défis – transcender la peur et l’attachement, et vouloir adopter une nouvelle façon de voir – que la plupart des chercheurs trouvent si difficile. Quand l’expérience spirituelle ébranle tout notre être, nous libérant spontanément de la peur et de l’attachement, et ouvrant notre œil intérieur à des niveaux supérieurs de perception, temporairement il n’y a plus rien à lâcher. Provisoirement, nous sommes propulsés hors de notre inconscience, et notre perception de la réalité est complètement modifiée. A ce moment, il semble qu’une réelle transformation a eu lieu – que peut-être nous avons effectivement changé. Mais quand l’état supérieur de conscience commence à s’effacer; quand l’intensité de l’expérience spirituelle baisse au point de nous ramener à la simplicité de la vie; quand finalement nous découvrons que nous n’avons pas tellement changé; c’est alors que se dévoile la profondeur véritable de notre intérêt pour le miracle et le mystère de la révélation qui nous a touchés. En effet, même si désormais nous avons aperçu cette autre rive, jusqu’à quel point souhaitons-nous réellement changer? Sommes-nous prêts à payer le prix d’une transformation permanente qui exige tout de nous?

La plupart du temps, l’expérience spirituelle, le goût de la conscience éveillée, nous donnent simplement un aperçu du possible. En d’autres termes, l’expérience spirituelle est rarement la fin du chemin. Mais si nous sommes sincères dans notre aspiration à une transformation authentique, elle peut être un réel commencement. Le commencement d’une vie complètement différente – une vie libre de peur et d’attachement, informée par une révélation et une inspiration provenant d’une source inconnue, située au-delà du mental. Cependant pour y parvenir, nous devons VOULOIR CHANGER MAINTENANT. Quand? Maintenant. Et maintenant. Et encore maintenant. Pourquoi ? Parce que cette véritable détermination nous conduit à dépasser notre peur et notre attachement, et ce lâcher prise révèle une perspective complètement différente – maintenant, maintenant, et encore maintenant.

La conscience éveillée s’enracine dans le désir de changer. C’est aussi le seul espace en nous tous qui s’épanouit en tant que changement. C’est cela la LIBERTE. La liberté de la conscience éveillée est cette relation avec le processus de vie qui, justement parce qu’elle ne s’attache à rien, semble changer tout le temps. Bien sûr, ce n’est pas le cas. Un être vraiment éveillé ne bouge jamais, installé de manière permanente au-delà du monde du temps et du devenir, d’être la manifestation éclatante d’une créativité passionnée et sans frein, d’être une vraie force d’évolution consciente en action.

Donc, vous le constatez, vouloir changer maintenant, sans crainte et de tout cœur, le désirer réellement maintenant est la porte de la libération de la conscience, la voie de son éveil et, simultanément, c’est l’expression même de cet éveil.”

04-Être centrée en Jaune sur la Spirale Dynamique

Le thème central de la personne positionnée en JAUNE est “Exprimer le soi, mais jamais aux dépens des autres, pour que toute vie puisse continuer de manière naturelle et fonctionnelle”.

Le niveau VERT n’apporte un jour plus la satisfaction personnelle et montre ses limites dans les relations avec soi et les autres. Dans le livre sur la Spirale, je lis une phrase qui me surprend: “Plus le nombre de gens qui adhèrent à ses valeurs est élevé, plus il devient difficile de fonctionner”. Cela signifie donc que la société française, par exemple, ne pourra jamais fonctionner entièrement en VERT! Je m’étais dit que cela permettrait de s’approcher de la société idéale à laquelle aspirent les humains éveillés. Mais j’ai retenu aussi que chaque valmème a ses côtés négatifs. Ici, ce serait l’expression des émotions et la recherche de consensus qui ralentissent les processus d’évolution. C’est en effet ce que j’ai remarqué au niveau des associations, surtout les politiques: ça discute, ça discute, ça discute sans fin, mais ça n’agit pas. Et quand ça agit, c’est inefficace. Je pense aux dizaines d’années perdues par les associations et ONG qui venaient avec leurs idées de blancs pour faire du développement en Afrique et ne comprenaient pas que là-bas, c’est un autre monde avec d’autres règles auxquelles il faut s’adapter. Pour un VERT, ne pas observer les règles de POURPRE signifie frustration et découragement. Cela ralentit alors par la même occasion l’efficacité du VERT. Incapable de traiter les problèmes du monde auxquels il est confronté et qu’il sent comme devoir de résoudre, le VERT subit aussi les assauts des niveaux d’existence précédents et manque de puissance pour y répondre.

Lorsque l’on évolue vers le niveau JAUNE, on a pris conscience de l’état désastreux du monde, il n’y a alors plus de “tout le monde, il est beau, tout le monde il est gentil”. Selon le livre, le Jaune “est sensible aux autres et veut contribuer à régler les problèmes globaux, sans que cela l’empêche d’être d’un individualisme obstiné”. Cela se ressent dans ce que j’avais appelé l’individualisme communautaire représenté dans la communille. “Si le succès ou l’échec de cette planète et des êtres humains dépendait de mon attitude et de mes actes, quelle serait mon attitude? Qu’est-ce que je ferais?” Pour moi, la question ne se pose plus, c’est une affirmation: l’état du monde dépend de mes actes, donc j’en pose et j’ai changé mes comportements de consommation.

La personne centrée en JAUNE commence par définir ses principes. Ceux-ci lui sont personnels et, héritage de VERT, ils sont relatifs au sens où elle est consciente qu’ils sont adaptés à une situation et à un moment donné et qu’elle est prête à en changer s’ils se révèlent inadaptés. Cela lui permet d’être extrêmement ferme sur lesdits principes sans sombrer dans l’intolérance ou le prosélytisme de BLEU.” C’est vrai, cela fait des années que j’ai réfléchi à ce besoin de créer des principes suivis par ceux qui y adhèrent et que j’en ai développé quelques nouveaux et défini leur territoire d’application.

Dans un deuxième temps, elle cherche des modèles théoriques qui lui permettent de comprendre la situation comme un modèle ouvert, de définir une action réaliste et de prévoir autant que faire se peut les conséquences sur le système et sur ceux auxquels il est relié. Enfin, elle cherche le plus possible avec le moins de ressources possibles. Pour cela, elle accepte et utilise les lois naturelles, tolère l’incertitude et le chaos, et privilégie systématiquement la fonctionnalité. Cette action, elle la veut efficace et efficiente, mais n’en attend pas de retour sur les plans émotionnel et de Clare-Gravesl’image sociale.” Selon Clare Graves, le créateur et développeur de la Spirale Dynamique “JAUNE a de l’ambition, mais n’est pas ambitieux“.

L’individu dominé par JAUNE privilégie le savoir. Il est en apprentissage permanent et est disponible pour partager ses connaissances. A l’inverse, il est parfaitement conscient des limites de son savoir et de l’impossibilité de le rendre universel: il accepte ses zones d’ignorance sans en être incommodé et sans éprouver le besoin de les masquer par des systèmes ou des explications simplistes. Le fait de ne pas savoir implique par contre de ne pas exprimer d’opinion tranchée; c’est une simple question de responsabilité. JAUNE est extrêmement intolérant vis à vis de ceux qui transgressent cette obligation, au point que les personnes positionnées sur le premier plateau ((un choix de terme que je préfère à boucle ou gradin)) le croient parfois centré en ROUGE. Ne nous trompons pas toutefois sur son attitude: comme le disait Clare Graves, il peut exploser, mais n’est pas en colère ou dans tout ses états à ce propos.

Venant après VERT, la personne centrée en JAUNE se méfie des excès d’émotions. Elle peut prendre soin des autres , mais ne se sent pas obligée de le faire. Là encore, c’est la fonctionnalité qui est privilégiée. Elle se veut libre, même si cette liberté s’exerce dans le cadre d’une éthique stricte que le professeur Graves résume ainsi: “Observez ce qu’est réellement la vie et vous saurez quoi faire.” Par “la vie”, JAUNE veut signifier “toute vie”. Comme toujours, il considère l’humanité comme un système ouvert, et sa survie dépend donc de celle de toute vie. On va là bien au-delà de l’humanocentrisme amorcé en VERT.

La sociogenèse de JAUNE

Semco, une entreprise assurément Jaune
Semco, une entreprise assurément Jaune

JAUNE est apparu dans les années 1960-70. Il ne s’agit que

d’individus isolés ou à la rigueur réunis dans quelques organisations ou entreprises. Nulle part les conditions de vie ne sont telles qu’elles permettent l’émergence d’une société centrée sur ce valmème.

Comme pour les deux niveaux d’existence précédents, c’est dans le domaine intellectuel en premier que les manifestations de JAUNE ont été visibles, notamment par les théories déjà citées.

JAUNE dans les sociétés actuelles

Selon les estimations de Cowan et Beck, JAUNE concerne aujourd’hui environ 5% de la population mondiale. Ces individus sont assez difficiles à repérer pour trois raisons. D’abord, leur volonté d’agir en ayant l’impact minimal les rend peu visibles. Ensuite, leur désintérêt pour tout ce qui est image fait qu’ils ne se mettent pas en avant et qu’ils n’éprouvent pas le besoin de clamer sur les toits qui ils sont et ce qu’ils font. Enfin, quand ils sont en interaction avec une personne, ils peuvent parfaitement utiliser un niveau d’existence inférieur plus adapté.

On peut toutefois les reconnaître parce qu’ils utilisent successivement ou simultanément plusieurs niveaux d’existence. Quand elles utilisent des niveaux d’existence du premier Plateau, les personnes dominées par JAUNE en apprécient la valeur, mais elles n’y sont pas attachées.

La psychogenèse JAUNE

Aujourd’hui, les individus ayant atteint le niveau JAUNE l’ont forcément fait au cours de leur âge adulte, dans des conditions de vie très particulières. Il faut qu’ils aient rejeté ORANGE, puis qu’ils aient adhéré à VERT et l’aient expérimenté et rejeté à son tour, enfin qu’ils aient acquis les modes de pensée et de fonctionnement de JAUNE! C’est relativement rare et lié à une histoire de vie particulière.

Rien ne permet donc aujourd’hui d’imaginer quand et comment se mettra en place JAUNE dans le développement psychologique des individus lorsque ce valmème sera répandu et concernera une part significative de la société.

Vivre avec des individus en JAUNE

Communiquer, vivre, travailler avec une personne centrée en JAUNE est aisé… théoriquement! Elle est foncièrement autonome, responsable et peu exigeante. Compliments, attentions, joies de l’existence quotidienne, elle peut apprécier tout cela, mais elle peut aussi s’en passer et, au fond, “cela n’a pas d’importance”. Pour tous les niveaux précédents de la Spirale Dynamique, cette non-dépendance est perçue comme de la distance, voire du désintérêt. Ce n’est pas le cas, mais elle considère que vous avez le droit de percevoir son attitude ainsi et ne prend pas forcément le temps, une ressource précieuse, de vous expliquer son fonctionnement.

Le relativisme de ses principes et de ses modèles amène un individu dominé par JAUNE à changer facilement de cap dès qu’il pense avoir trouvé une manière plus fonctionnelle d’être et d’agir. Là aussi, il ne s’explique que s’il le juge nécessaire et peut être perçu comme amoral et versatile par les valmèmes du premier plateau.

En entreprise, la personne positionnée en JAUNE fait ce qu’elle estime approprié pour remplir sa fonction. Elle admet évidemment qu’une direction définisse une finalité et des objectifs, mais elle se débrouille seule pour les atteindre et estime que son management doit se manifester uniquement quand elle en exprime le besoin. La notion de loyauté vis à vis d’une entreprise ne fait pas sens. Elle se sent engagée par sa fonction dans des systèmes beaucoup plus larges que la compagnie dans laquelle elle travaille. Si nécessaire, elle fait ce qu’il faut pour modifier son entreprise, et si elle n’y arrive pas, elle se retire psychologiquement ou physiquement.